Interview Gaël de Chassey, Directeur Général de AFEC Packaging

Gaël de Chassey, Directeur Général de AFEC Packaging, pouvez-vous nous décrire votre parcours et votre société ?

Après 15 ans au sein des directions Marketing des géants de l’agro-alimentaire (NESTLE, BARILLA), je me suis engagé à la tête de start-up pour changer la donne : vers du snacking sain (NA ! NATURE INNOVATION), puis vers l’artisanat d’exception (Le Pata Negra).

Aujourd’hui j’ai pris les rênes d’AFEC Packaging, société spécialisée depuis 1981 dans l’emballage personnalisé. Je la projette aux avant-postes d’une révolution packaging inéluctable ou l’emballage n’est plus un déchet de plus, mais bien un chainon vertueux dans cette économie circulaire qu’il faut urgemment bâtir.

Selon vous, quels sont les grands enjeux du packaging dans les années à venir ?

Le packaging est né PRATIQUE, il a grandi ESTHETIQUE, il se doit aujourd’hui d’être ETHIQUE.

L’emballage était un progrès, il est devenu un paria, au moins en terme d’image.

Il faut lui redonner sa valeur ! S’il doit rester pratique, son esthétique doit se muer éthique.

Et ETHIQUE = ECO-RESPONSABLE (recyclé, recyclable, biodégradable, à faible emprunte carbone et qui préserve les ressources naturelles)

Après ces décennies d’emballement et d’hyper consommation, nous voilà enfin à maturité dans l’ère du mieux consommer, de la raison, du raisonné.
Le packaging, l’emballage, le sac… doit dire haut et fort que je ne suis pas un pollueur, mais un être civilisé, responsable.

Il doit redevenir une fierté, un étendard, non plus de ma richesse matérielle, mais de ma richesse d’âme. Il reste porteur de sens, mais un sens éthique, écologique, pour préserver notre trésor commun, la planète bleue.. et verte !

Aussi, l’enjeu est plus que jamais le rapport QUALITE/PRIX.

En ces temps de prise de conscience collective écologique ET de crise économique, le dilemme s’extrémise entre la volonté croissante de mieux consommer et la possibilité (économique) de le faire.

Ce rapport qualité/prix s’articule entre la « valeur perçue » et la « valeur intrinsèque », cachée.

Un des enjeux de valorisation de l’emballage est à mon sens de faire converger le « perçu » et « l’intrinsèque ».

Avec l’exigence actuelle de transparence et l’accessibilité de l’information (internet, réseaux sociaux), il faut faire émerger la partie cachée de l’iceberg en terme de qualité et de prix :

  • La qualité cachée = le degré d’éco-responsabilité
  • Le prix caché = tous les couts directs ou indirects de la fabrication et de l’usage de l’emballage que le consommateur paiera au bout du compte (coût pour la planète, coût pour la collectivité, coût pour sa santé,…).

En général un emballage « pas cher » (prix consommateur) coûte en définitive « très cher », « plus cher » au consommateur si l’on additionne tous les coûts cachés à court, moyen et long terme.

L’enjeu est donc également dans la communication, pour faire émerger les meilleures initiatives éco-responsables (simples et efficaces), les faire adopter dans les usages au quotidien par le plus grand nombre et que ces initiatives, ces changements de comportement en génèrent d’autres, afin de bâtir cette économie circulaire vitale pour notre planète… et le devenir de l’humanité.

Quelles initiatives packaging actuelles vous semblent les plus pertinentes ?

Il faut un maximum d’ambition, voir loin, mais aussi un maximum de pragmatisme pour que la mise en pratique soit simple, réelle et vertueuse.

Je retiens notamment :

L’initiative des collectivités, avec l’exemple des « poubelles jaunes » à Paris qui apporte depuis janvier une solution enfin simplissime pour l’usager : tous les emballages papier, carton, plastiques ou métalliques, sans exception, sont désormais collectées dans ces poubelles jaunes.

La suppression des sacs plastiques gratuits en caisse initié par E. Leclerc il y a 20 ans, relayée aujourd’hui par l’interdiction des objets plastiques à usage unique.

La remise au goût du jour de la consigne, si la filière est économe en eau et en carbone.

Et les initiatives produits plus spécifiques mais qui petit à petit changent la donne, comme celles mises en avant sur le site www.afec-packaging.fr

  • Le travail en amont et pas simplement en aval, avec l’éco-conception : les encres à l’eau sans solvants, les colles biodégradables, les adhésifs papier…pour optimiser le recyclage des emballages complexes ; les matières premières recyclées (papier & plastique dont les sacs en rPET issu du recyclage des bouteilles plastiques) ; les matériaux alternatifs plus économes en ressources naturelles (le plastique bio-sourcé et recyclable, les sacs en papier à base de poudre de pierre, à base de gazon coupé,…)
  • Les colis d’expédition écologiques et personnalisables, dédiés au e-commerce : fabriqués localement à base de kraft (FSC) recyclé, recyclable et biodégradable, imprimé en monochrome avec l’encre à l’eau mais toutefois personnalisé pour valoriser l’image de la marque à domicile … et non la stigmatiser par l’hégémonique estampillage AMAZON 😉
  • Le « Papier fleur », fabriqué à base de pâte à papier contenant des graines et qui une fois composté voit fleurir des fleurs des champs. Vous retrouverez sur www.afec-packaging.fr ces sacs étonnants à base de ce « papier fleur » !

Et les initiatives packaging les plus pertinentes restent à venir… Ce seront celles qui feront coïncider le PRATIQUE, l’ESTHETIQUE ECOLOGIQUE et l’ECONOMIQUE !

Plus d’informations sur www.afec-packaging.fr